L’Association pour le développement de l’histoire culturelle / International Society for Cultural History annonce la tenue de son congrès annuel autour du thème :
Identités, circulations, migrations – une histoire culturelle
Le congrès se tiendra à Paris entre le 10 et 12 septembre 2026
Argumentaire du congrès :
Partant du constat que toutes les sociétés ont été façonnées par les circulations d’être humains, d’idées et de croyances, de biens et de capitaux, les organisateurs souhaitent construire une rencontre scientifique internationale autour de ce thème central. Ils souhaitent plus particulièrement interroger le rapport entre ces circulations (et notamment celles de toutes celles et de tous ceux qui traversent physiquement les frontières étatiques) et les identités, à toutes les échelles qui méritent d’être considérées : identités des personnes qui se déplacent comme celles des pays d’accueil et d’origine, identités locales, nationales, internationales et transnationales, voire civilisationnelles. Toutes les périodes historiques peuvent faire l’objet d’une proposition, même si le centre de gravité du congrès se situera à l’époque contemporaine (XIXe-XXIe siècles). Des propositions d’ordre méthodologique et épistémologique plus générales sont également les bienvenues.
Un grand nombre d’ouvrages portant sur le thème de l’identité, que l’expression figure dans leur titre ou non, ont paru ces dernières années. Essais polémiques, études scientifiques, romans, pièces de théâtre, films, plus récemment productions liées au web, se sont emparé d’une notion polysémique et polémique dont il existe plusieurs définitions possibles. Si l’on définit a minima l’identité comme un système de représentations de soi et des autres par lequel est construite une certaine forme de reconnaissance par le groupe et de permanence dans le temps, cette effervescence éditoriale pourrait bien témoigner d’une crise de ce système, à tout le moins d’une remise en cause des modalités classiques de l’identification et des institutions qui en sont les supports. Cette crise touche l’ensemble du monde occidental et sans doute au-delà. Elle peut prendre différents visages selon les pays et les cultures, qui ne donnent pas tous le même sens à la notion d’identité. Salman Rushdie rappelait qu’en Inde, on entend par « identité » plutôt l’identité religieuse, « au cœur de la tentative nationaliste hindoue de réinventer l’idée de l’Inde en termes purement hindous, en excluant les membres de toutes les autres religions ». Aux États-Unis, ce sont les questions d’identité raciale et sexuelle qui dominent le débat. En Europe, on s’inquiète plutôt de la défense des identités nationales, supposément menacées par l’immigration incontrôlée ou par la bureaucratie bruxelloise. Ces inquiétudes sont exploitées par des entrepreneurs de haine de tous bords qui manipulent les fantasmes ou la nostalgie d’une identité close, pure, figée. C’est pourquoi une réflexion posée, scientifique et historique, internationale et transnationale, sur cette question et sur le lien avec les circulations de tous types apparaît opportune et même urgente.
Afin d’aborder les diverses manières de se rassembler autour de caractéristiques perçues comme communes, l’approche historienne privilégiera les argumentations attachées à la construction, le développement, voire la fin de ces systèmes de représentation identitaires. Au-delà de l’analyse des discours et des luttes de représentation, l’attention pourra être portée sur les différentes modalités pratiques d’appartenance identitaire, sur les phénomènes de socialisation, d’exclusion et de marginalisation de groupes, sur les conflits et les moments paroxystiques de fièvre identitaire, ainsi que sur l’histoire des institutions et politiques publiques prenant en charge les questions liées aux phénomènes migratoires (politique linguistique, musées de l’immigration, etc.).#
Les propositions de communications, en format pdf de deux pages au maximum (600 à 700 mots en police Times New Roman, caractère 12, double espacement), en français et en anglais, seront à envoyer à cette adresse avant le 20 janvier 2026 : adhc.isch2026@gmail.com
Elles seront évaluées par un comité scientifique entre cette date et le 1er mars 2026. Les inscriptions pour le congrès seront ouvertes à partir du 1er mars.
Pour de plus amples informations, voir : https://adhc.hypotheses.org/