L’Ecole Pratique des Hautes Etudes (EPHE) annonce le recrutement d’un directeur/directrice d’étude pour une chaire nommé: Modernismes bouddhiques. La prise de poste étant prévue pour le 1er octobre 2025, la date limite pour soumettre sa candidature est le 11 mars 2025.
Profil du poste :
Cette direction d’études est consacrée à l’étude des transformations du bouddhisme depuis le début du 19e siècle, dans une des nombreuses aires géographiques concernées (essentiellement en Asie), mais avec une dimension transnationale qui est au cœur des différentes formes de modernismes. Dans de nombreux pays (Sri Lanka, Birmanie, Thaïlande, Vietnam, Tibet, Chine, Mongolie, Corée, Japon, etc., dont certains sont aujourd’hui représentés dans les enseignements de la Section des Sciences religieuses alors que d’autres ne le sont pas), la confrontation (coloniale ou autre) avec l’expansion occidentale et chrétienne du 19e siècle, ainsi que les bouleversements politiques (répression du bouddhisme au Japon au début de l’ère Meiji, politiques laïques à divers moments du 20e siècle en Mongolie, Chine, Tibet, Vietnam, Laos, et Cambodge), ont mené à une remise en question radicale de la place du bouddhisme dans ces sociétés et à leur système de sens. En réponse, des dirigeants cléricaux ou laïques se sont engagés dans des réformes à la fois institutionnelles, rituelles et dogmatiques : reformulations doctrinales, nouvelles formes d’enseignement et de diffusion des textes (canons modernes imprimés, traductions vers ou depuis les langues européennes et entre langues asiatiques), nouvelles formes d’organisation monastique et de mouvements laïques, innovations liturgiques et spirituelles
(enseignement de masse de la méditation, diffusion des ordinations de moniales, bouddhisme socialement engagé), volonté de conformité avec les acquis et le progrès scientifiques, etc. Ces réformes se sont accompagnées d’une intense circulation des élites bouddhiques entre Asie du Sud, du Sud-Est, de l’Est, Europe et Amérique du Nord, et parfois d’engagements dans des nationalismes religieux. Ces mouvements, quoique très divers, étaient et restent interconnectés et sont souvent qualifiés dans l’historiographie de « modernismes bouddhiques ».
Ce domaine de recherche est en plein développement. Il s’appuie sur la diffusion spectaculaire des sources disponibles — presse bouddhique en langues vernaculaires depuis la fin du 19e siècle, archives, canons modernes, collections d’essais des penseurs majeurs —, et sur la croissance et la visibilité d’organisations bouddhiques plus ou moins globalisées qui s’inscrivent explicitement dans la continuité des modernismes.
L’historiographie dans les divers pays concernés renouvelle non seulement notre connaissance des sociétés et des pensées bouddhiques, mais aussi nos cadres théoriques relatifs aux rapports entre religions et modernités. Le profil de cette direction d’étude est ouvert sur les approches anthropologiques et de sciences sociales (observation des pratiques) ainsi que d’histoire contemporaine (sources archivistiques et autres), mais reste solidement ancré dans les sciences religieuses : il exige la maîtrise des textes doctrinaux dans une ou plusieurs langues canoniques (notamment sanskrit, pali, chinois, tibétain, mongol) et la capacité à mettre en regard les productions textuelles du modernisme avec les textes anciens en langues canoniques. En articulation avec les chaires sur les traditions religieuses des divers pays d’Asie présentes à la Section des Sciences religieuses, ainsi que celles sur l’histoire religieuse moderne et contemporaine, le/la candidat(e) proposera un enseignement ancré dans une tradition spécifique mais pouvant ouvrir des élaborations comparatives et théoriques larges.
Pour de plus amples informations, voir la page de l’annonce : https://www.ephe.psl.eu/recrutement-des-enseignants-chercheurs-2025