Véronique Gossot (INALCO- IFRAE) annonce la soutenance de sa thèse intitulée :
La cristallisation d’une esthétique : à partir d’un corpus de nouvelles de l’écrivain tibétain
Tagbumgyal entre 1986 et 2018
préparée à l’INALCO sous la direction de Françoise Robin.
La soutenance aura lieu le mardi 16 décembre à 10h à l’INALCO, 65 rue des Grands Moulins, 75013 Paris, salle 4.23.
Le jury sera composé de :
Leyli Anvar, maître de conférences, INALCO
Marie Laureillard, professeure des universités, Université Paris-Nanterre
Tristan Mauffrey, maître de conférences, Université Sorbonne Nouvelle, rapporteur
Françoise Robin, professeure des universités, INALCO, directrice de thèse
Catherine Servant, professeure des universités, INALCO
Nicolas Tournadre, professeur des universités émérite, Université Aix Marseille, rapporteur
Résumé de la thèse :
Ce travail propose une analyse de l’évolution de l’esthétique littéraire de l’auteur tibétain Tagbumgyal entre 1986 et 2018. Cette analyse est menée sous un angle pluridisciplinaire : études aréales et littéraires, notamment la narratologie et la traductologie. Si Tagbumgyal jouit d’une notoriété indéniable au Tibet, son écriture faussement débonnaire l’a maintenu au second plan des études littéraires internationales où à ce jour aucun travail ne lui a été consacré. En la quasi-absence de traduction en langue occidentale, la constitution d’un corpus inédit de cinquante-sept nouvelles, sa lecture exhaustive et la traduction de nombreux extraits se sont révélées nécessaires.
Cette thèse démontre dans un premier temps que les écrits de l’auteur gardent les traces d’oralité d’une tradition littéraire multiséculaire mais que parallèlement Tagbumgyal a expérimenté différents genres littéraires (minimalisme, réalisme magique, burlesque, etc.). Tradition et expérimentations mêlées forment donc le cadre à l’intérieur duquel s’est construite sa poétique.
La thèse montre dans une seconde partie que les constructions narratives spécifiques déployées dans ces nouvelles (phrases complexes, répétitions, etc.) constituent un point majeur et peu connu de l’esthétique de l’auteur. Ces constructions viennent en support de thèmes récurrents construits autour de la notion de pouvoir et de ses abus. L’ironie et l’implicite, dont l’étude termine ce travail, apparaissent finalement comme l’élément prépondérant de la cristallisation de l’esthétique de Tagbumgyal, où forme et fond se
répondent. Elles révèlent un regard critique sur les rapports de force au sein de la société tibétaine de la région traditionnelle de l’Amdo, ainsi que sur ceux existant entre elle et la société chinoise d’aujourd’hui.
Les échanges seront suivis d’un pot.
Il sera possible, sur demande, d’assister à la soutenance par visioconférence. Contacter la candidate pour demander à recevoir le lien: v.gossot[@]orange[.]fr