La SFEMT a le plaisir d’annoncer la tenue, dans le cadre du Cycle de Conférences SFEMT 2025/2026, de la conférence suivante :
Alexandra David-Neel et les « femmes du Tibet » : féminisme, portraits photographiques et publications
par Katia Thomas (Université de la Sorbonne, CREOPS)
le 11 juin 2026 à 18h00
via Zoom : shorturl.at/OHyOZ
Resumé de la conférence:
Alexandra David-Neel est réputée pour ces points de vue féministes et affirmait que la clé de l’indépendance des femmes résidait avant tout dans leur autonomie financière. Mariée à Philipe Néel sous le régime de la séparation de biens en 1904, elle mena ses voyages avec une liberté étonnante à son époque pour une femme de la bourgeoisie qu’elle était.
Les archives de sa maison à Digne les bains dans le sud de la France révèlent tout un ensemble de textes, brouillons manuscrits ou dactylographiés d’interviews, de notes et d’articles, attestant de son intérêt pour les « femmes du Tibet ». Le fond photographique conservé comporte également un nombre important de portraits des femmes rencontrées dans toute l’Asie au gré de ses voyages. Alexandra les photographiait-elle en prévision d’une publication ? Probablement. En tout cas, ces photographies, prises sur le vif ou portraits posés, et pour certaines collectées sur place, témoignent de son intérêt plus large que celui qu’on lui connaît et qu’elle revendiquait pour le bouddhisme.
L’analyse de ces deux sources révèle son regard précis sur les conditions de vie des femmes en Himalaya. Alexandra David-Neel mêle une approche ethnographique particulièrement orientée sur les questions des termes de la parenté à une analyse de la place des femmes dans le bouddhisme. Elle enrichit son propos par des points de comparaison avec d’autres régions de l’Asie et l’Occident, et l’illustre d’anecdotes vécues ou qu’on lui a rapportées pendant ses voyages.
A travers le regard photographique et les écrits d’Alexandra David-Neel, c’est ainsi un véritable panorama de la diversité des femmes et de leurs conditions de vie en Himalaya au début du 20ème siècle qui peut être dressé.

A propos de la conférencière :
Katia Thomas est doctorante en histoire de l’art à l’Université de la Sorbonne (CREOPS, Paris). Après un premier master consacré à l’art bouddhiste indien, elle s’est spécialisée dans l’art himalayen et a obtenu une licence en études tibétaines à l’INALCO, à Paris. Son deuxième master sur la collection d’art d l’Institut de tibétologie de Gangtok (Sikkim, Inde) a marqué le début de ses recherches sur l’histoire du patrimoine himalayen conservé dans les musées. Elle s’intéresse à la désacralisation des œuvres bouddhistes en contexte muséal et examine comment la création de musées en Himalaya renforce les identités régionales.